International Alliance of Independent Publishers launches global freedom to publish study

The International Alliance of Independent Publishers (IAIP) has launched a first-of-its-kind study into worldwide threats to freedom to publish and the ways publishers respond to them. The IPA spoke to Laurence Hugues, Director of the Paris-based IAIP, about the objectives and scope of the yearlong study, which seeks to be as globally representative as possible.

Laurence provided her answers in French, and the IPA has translated them into English below.

1. Quel est le but principal de l’étude?

L’étude que l’Alliance internationale des éditeurs indépendants lance se consacre à la liberté d’édition. La liberté d’édition relève de la liberté de choisir un auteur, de retenir ou de commander des textes – des idées et des points de vue – de les mettre en forme et de les publier, de les diffuser et de les commercialiser – ensemble des activités au cœur même du métier d’éditeur. Et ce sont précisément les mises en danger et les atteintes à cette liberté d’éditer que l’Alliance souhaite étudier. La particularité de l’étude est qu’elle s’appuiera essentiellement sur la parole des éditeurs indépendants, qui seront en quelque sorte les auteurs premiers de ce travail. Il s’agit d’entendre leur voix, sur les enjeux suivants : Quelles sont les différentes atteintes à la liberté d’édition auxquelles les éditeurs indépendants sont confrontés dans leur pays ? Comment cela s’incarne-t-il concrètement dans leur profession au quotidien ? Comment les éditeurs résistent-ils pour préserver et défendre leur liberté d’édition ? Comment déjouent-ils la censure ?

What is the chief purpose of this study?

This study by the International Alliance of Independent Publishers is all about freedom to publish. Freedom to publish is the freedom to select an author, to retain or commission texts – ideas and views – to format them and to publish, distribute and market them – the activities at the heart of the publishing profession. It is precisely the threats to and attacks on freedom to publish that the Alliance wants to study. The particularity of the study is that it will rely primarily on the word of independent publishers, who will in a way be the primary authors of this work. It’s a matter of hearing their voices on the following questions: what breaches of freedom to publish do independent publishers face in their country? How is this actually manifested in their daily working lives? How do publishers fight to protect and defend their freedom to publish? How do they thwart censorship?

 2. Quelle méthodologie l'Alliance utilisera-t-elle?

L’étude sera découpée en deux parties :

- Une partie historique (30 à 50 pages), réalisée par Jean Yves Mollier, spécialiste de l’histoire de l’édition, rappelant les grandes étapes de l’histoire de la censure dans l’édition et les catégories de censure qui se dessinent jusqu’à aujourd’hui.

- Une partie sociologique (150/200 pages), réalisée par l’auteur qui sera retenu dans le cadre de l’appel à projet que nous diffusons actuellement. Pour cette partie, l’auteur réalisera des entretiens avec des éditeurs indépendants de plusieurs pays, de visu quand cela est possible ou par téléphone. Ces entretiens – la parole des éditeurs – sont la matière première de l’étude, ils permettront de mettre en lumière différents types de censure et atteintes à la liberté d’éditer, sur plusieurs continents. Ils apporteront par ailleurs des éclairages sur la manière dont les éditeurs déjouent la censure. L’analyse de ces entretiens a pour objectif d’aboutir à la réalisation d’une « typologie » des censures (des censures les plus directes aux censures les plus insidieuses).

What methodology will the Alliance use?

The study will be split into two sections:

- A historical section (30 to 50 pages), by publishing historian Jean Yves Mollier, detailing the key stages of the history of censorship in publishing and the kinds of censorship that have been seen up to the present day.

- A sociological section (150/200 pages), realized by the author, which will be held within the framework of the call for proposals that we are currently disseminating. For this part, the author will conduct interviews with independent publishers from several countries, face-to-face when possible or by telephone. Interviews – the words of the publishers – are the raw material of the study. They will make it possible to highlight different kinds of censorship and attacks on freedom to publish on several continents. They will also provide insight into how publishers are beating censorship. The analysis of these interviews aims at creating a ‘typology’ of censorship, from the most direct to the most insidious.

3. Combien de pays l'étude couvrira-t-elle?

L’étude couvrira idéalement les zones géographiques suivantes : Europe, Amérique du Nord, Amérique latine, monde arabe, Afrique, Asie. 47 pays sont représentés au sein de l’Alliance, couvrant tous les continents – nous nous appuierons donc sur les éditeurs et collectifs d’éditeurs membres ; puis autant que possible sur d’autres éditeurs, voire des auteurs/traducteurs...

How many countries will the study cover?

The study will ideally cover the following geographical zones: Europe, North America, Latin America, the Arab world, Africa and Asia. Forty-seven countries are represented in the Alliance, covering all continents, so we will rely on publishers and publishers' collectives. Then as far as possible on other publishers, even authors / translators...

4. Pourquoi croyez-vous que cette étude est opportune?

Si, depuis la création de l’Alliance, les éditeurs – garants de la liberté d’expression aux côtés des journalistes, auteurs, blogueurs, libraires, artistes – ont toujours alerté sur les phénomènes de censure à l’œuvre dans certains pays, nous constatons depuis quelques années de nouvelles formes d’atteintes à la liberté d’expression – notamment dans un contexte où les pressions et les limitations qui s’exercent sur la parole publique se renforcent.

Après le vent de liberté espéré lors des révolutions du monde arabe, les séries d’attentats en Afrique, en Europe et dans le monde arabe fragilisent à nouveau la parole : une perte de repères et de sens qui amène à se réinterroger sur les espaces de liberté, sur la portée des mots et des supports qui les véhiculent.

Quels que soient les contextes et les réalités géopolitiques des éditeurs, quelles que soient les formes de censure qu’ils subissent, les éditeurs indépendants se sont engagés à faire circuler des textes et des idées qu’ils défendent, à faire entendre d’autres voix, parfois minoritaires, à participer à la construction d’une pensée critique, à l’émancipation. Il en est de leur responsabilité, tant professionnelle que citoyenne. Pourtant, certains font face à une censure directe de la part des pouvoirs publics ou religieux de leur pays, ou encore de franges plus ou moins importantes de l’opinion publique (par exemple au Bangladesh, en Turquie, au Cameroun, en Algérie, en Iran...), et sont l’objet d’attaques violentes en raison des idées qu’ils défendent. Les atteintes à la liberté d’éditer sont également présentes dans des pays du Nord, le plus souvent sous une forme insidieuse (économique, médiatique, judiciaire...).

Au Québec, l’équipe des éditions Écosociété raconte par exemple : « l’affaire Noir Canada a révélé une tentative du droit de s’emparer des questions d’édition [Noir Canada est un livre dénonçant les actions de compagnies minières canadiennes en Afrique, qui a fait l’objet de poursuites-bâillons et dont la vente est aujourd’hui interdite suite aux procédures judiciaires que les compagnies minières ont gagnées] ». Cette étude est ainsi une façon de réaffirmer que « la lutte contre toutes les formes de censure (étatique, administrative, religieuse, économique jusqu’à l’autocensure) est aujourd’hui encore un enjeu prioritaire », comme le rappelaient 400 éditeurs indépendants de 45 pays en 2014, dans la Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants.

Why do you feel this study is timely?

Since the Alliance was formed, publishers – guarantors of freedom of expression alongside journalists, authors, bloggers, booksellers, artists – have flagged censorship phenomena at play in certain countries. We have seen in recent years new forms of violations of freedom of expression – especially in a context where the pressures and restrictions on public expression are increasing. After the wind of freedom hoped for during the revolutions of the Arab world, the string of attacks in Africa, Europe and the Arab world have again weakened free speech: a loss of parameters and meaning that leads to re-examination of the spaces of freedom, of the scope of words and the media that convey them.

Regardless of the contexts and geopolitical realities of publishers, regardless of the forms of censorship to which they are subjected, independent publishers have committed themselves to circulating texts and ideas that they defend, to making other voices heard, sometimes minorities, to participating in the construction of critical thinking and emancipation. It is their responsibility, both professional and civic. However, some people face direct censorship from public or religious authorities in their country, or from more or less important segments of public opinion (for example in Bangladesh, Turkey, Cameroon, Algeria, Iran and so on), and are the victims of violent attacks because of the ideas they defend. Abuses of the freedom to publish are also present in northern countries, usually in insidious ways (economic, media, judicial). In Quebec, the Éditions Écosociété team recounts, for example: ‘The Noir Canada affair has revealed an attempt to take control of publishing matters.’ [Noir Canada is a book, denouncing the actions of Canadian mining companies in Africa, that has been the subject of ‘strategic lawsuits against public participation’ (SLAPPs) and whose sale is now banned as a result of the law suit that the mining companies have won].

This study is a way of reaffirming ‘the struggle against all forms of censorship (State, administrative, religious, economic and even self-censorship) remains a priority’, as stated by 400 independent publishers from 45 countries in 2014, in the International Declaration of Independent Publishers

5. Quand prévoyez-vous de publier l'étude, et sera-t-elle accessible au public?

L’étude paraîtra en 2018, la date précise de sa parution dépendra notamment du temps nécessaire aux entretiens et de l’analyse de ces entretiens. Elle sera accessible d’abord en français (puis en anglais et dans d’autres langues, si nous trouvons les ressources budgétaires nécessaires pour la traduire), en libre accès sur le site de l’Alliance, au sein de l’Observatoire de la bibliodiversité . Nous espérons par ailleurs qu’elle sera relayée par des organisations et partenaires œuvrant d’une manière ou d’une autre à la liberté d’expression et d’édition. Nous voulons qu’elle puisse engendrer de nouvelles études sur le sujet, des réflexions, des prises de conscience, qu’elle soit au service des éditeurs, de leurs auteurs, des acteurs culturels au sens large... au service de la bibliodiversité.

When do you expect to publish the study, and will it be accessible to the public?

The study will be published in 2018, although the precise date of publication will depend in particular on the time needed for the interviews and the analysis of these interviews. It will be accessible first in French, then in English and in other languages, if we find the necessary budgetary resources to translate it), free to access on the Alliance website, in the Bibliodiversity Observatory.

We also hope it will be relayed by organizations and partners working in one way or another on freedom of expression and publishing. We want it to generate new studies on the subject, reflections and awareness, whether it is at the service of publishers, their authors, cultural actors in the broad sense, in service of bibliodiversity.

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